Le moment est venu pour le Parti socialiste de se prononcer sur ce qu’il souhaite devenir

Il existe, dans la vie des partis comme dans celle des peuples, des moments où l’on ne choisit plus seulement entre plusieurs chemins. On choisit ce que l’on veut devenir.

Nous sommes à l’un de ces moments. Notre pays doute de lui-même. Les colères s’accumulent, les services publics reculent, les inégalités deviennent chaque jour plus insupportables et l’extrême droite prospère sur toutes les impuissances de notre époque.

Que voulons-nous encore dire lorsque nous prononçons le mot socialiste ?

Nous ne sommes pas simplement les héritiers d’un parti. Nous sommes les héritiers d’une promesse : que la naissance ne détermine jamais le destin, que la richesse serve le progrès commun, que l’émancipation ne soit pas le privilège de quelques-uns, mais le droit de toutes et tous.

Un parti peut survivre à ses défaites, à ses erreurs, à ses divisions. Aucun ne survit durablement à la disparition de sa raison d’être.

Le monde a changé. Notre combat doit changer d’échelle. Pas de nature.

Qui possède ? Qui décide ? Qui travaille ? Qui profite ? Qui paie ?

La justice sociale c’est :

  • vivre dignement de son travail ;
  • se loger sans sacrifier la moitié de son salaire ;
  • ne pas choisir entre se chauffer et se nourrir ;
  • soigner selon le besoin, pas selon le portefeuille ;
  • demander davantage à ceux qui possèdent davantage.

Et le socialisme n’a jamais voulu libérer seulement le travailleur mais l’être humain : contre le sexisme, le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie, l’homophobie. Contre tout ce qui assigne et discrimine.

Pour Avenir socialiste, l’orientation portée aujourd’hui par Raphaël Glucksmann pose une question existentielle au Parti socialiste : celle d’un parti qui, en déplaçant progressivement son centre de gravité, finirait par atténuer la question sociale et par perdre ce qui le rend encore identifiable.

Le Parti pourrait survivre. Ses élus porteraient encore son nom. La rose serait toujours là.

Mais le socialisme ?

Notre courant a démocratiquement décidé de soutenir Olivier Faure. Ni blanc-seing, ni fidélité personnelle.

Mais l’espoir d’un Parti socialiste autonome, qui assume la transformation sociale, relie le mouvement populaire à l’exercice du pouvoir et considère que gouverner n’a de sens que pour transformer.

Nous ne cherchons pas un homme providentiel. Nous voulons préserver la possibilité du socialisme.

Ne pas confondre survivre et exister.


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